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Les Diolas
représentent 8 % de la population
du Sénégal, soit environ 430 000 habitants.
Ils occupent la
Basse Casamance et se subdivisent en plusieurs sous groupes
assez typés : Floups, Bliss, Karones, Flogny, Dioggots, Dianats, Bayots, Essyles.
Leurs origines sont très obscures, une légende les fait venir du Soudan par la
mer.
Ils auraient débarqué au Siné Saloum et se seraient mélangés aux sérères.
Voilà pourquoi on dit que les Diolas et les sérères sont des
Gamos, c'est-à-dire
qu’ils sont liés par une "parenté à plaisanterie" (parents très rapprochés).
Il
semblerai cependant que les actuels habitants de la Casamance soient les
descendants de tribus chassées de Guinée à une époque lointaine.
Menacés par les Mandingues qui voulaient les islamiser, ils réussirent à
sauvegarder leur identité et sont resté pour la plupart animistes fidèles à
leurs croyances ancestrales et pratiquent leurs rites de façon secrète dans les
profondeurs des forêts sacrées.
Excellents riziculteurs, ils tirent une partie de leurs
ressources de la forêt.
Les Rites
initiatiques :
Ils
sont encore d’actualité dans toutes les communautés animistes d’Afrique ou ils
constituent le pivot de la vie sociale.
En
Casamance, les régions et les villages les plus concernés sont le pays Bassari,
autour d’Oussouye, Kabrousse, Abéné, Thionck, Essyl ...
L’initiation répond à des rites aussi
anciens que rigoureux, s’adresse aux adolescents (ou aux adultes qui n’ont pas
été encore initiés) elle a pour but de leur révéler certains mystères et de les situer
par rapport à la nature et à la société .
C'est le passage de l'adolescence à l’âge adulte par
l’enseignement mais aussi par diverses épreuves physiques et morales.

Le riz,
richesse des Diolas :
A
l’inverse des rizières asiatiques, tirées au cordeau, celles de Casamance
témoignent d’un certain laisser aller !
Le riz
est cultivé depuis très longtemps en Casamance et reste un témoignage de
richesse et constitue la base de nourriture pour les Diolas.
Le riz ne peut se
vendre et se conserve dans le grenier. Il reçoit les fumées d’un fourneau qui
passe à travers les branchages du plafond et lui assurent une conservation
infinie.
Il constitue le capital pour la vie quotidienne et les fêtes.
Aline Sitoé Diatta, Reine et
Prêtresse
Héroïne de la résistance casamançaise.
Née en 1920 à Kabrousse dans le quartier de Nialou, la fille de
Silisia Diatta et d’Assonelo Diatta, est devenue le symbole de la
résistance de la Casamance à toute forme de domination.
Cette
jeune femme frêle n’a pas eu besoin
de fusils, de bombes ou de mines
anti personnel pour ébranler le pouvoir colonial !
C’est par la
seule force de ses idées qu’elle a su mener son combat contre
l’envahisseur de son pays.
Très jeune,
elle quitta son village pour aller travailler à Ziguinchor comme
docker, mais à cause des conditions de vie éprouvantes, elle va
quitter la Casamance pour Dakar, où elle sera bonne à tout faire
chez un colon du nom de Martinet, Régisseur des produits de base
dans l’Ouest Africain.
Elle devait
avoir 18 à 19 ans.
Pour certains elle eut sa première révélation en 1941
à Dakar, lui demandant de rentrer chez elle, d’où elle mènerait une
lutte pour sauver le "Sénégal" du colon.
D’autres sources précisent que c’est le 8 mars 1940,
en se rendant au travail, qu’elle entendit une voix lui dire
« Rentre chez toi, ou il t’arrivera malheur !».
Mais elle n’a pas obtempéré et au quatrième jour, à
son réveil, elle constata qu’elle était paralysée.
Elle sera ramenée en Casamance où la paralysie cessa
dès son arrivée, mais elle en gardera des séquelles, notamment en
boitillant.
Elle demanda à son peuple le refus catégorique de
toute activité imposée par les colons (refus de payer l’impôt en
espèces ou en nature, rejet de la culture d’arachide au détriment de
celle du riz, recrutements / enrôlements pour la guerre) et engagea
celui-ci sur le chemin de la résistance.
En outre, elle disait aussi être porteuse d’un
message divin qui consistait en un retour aux sources.
Ainsi, elle réhabilita l’ancienne
semaine diola des 6 jours (5 jours travaillés et repos le sixième
jour), ordonna des sacrifices, de nouvelles formes de prières, une
nouvelle religion traditionnelle.
Faiseuse de miracles
Une
sécheresse s’étant abattue sur son village, la population lui
demanda d’agir.
Pour certains, c’est après une concentration, suivie
de ses incantations que la pluie vint et que la sécheresse fut
balayée.
Pour d’autres, c’est après le sacrifice de bœufs noirs que
les pluies bienfaisantes arrosèrent les rizières desséchées.
Elle fut aussi capable d’accomplir des miracles.
Elle
commença par guérir des malades rien que par une imposition de
mains.
Cela s’était produit presque à son insu
: Elle rendait visite
à une famille et miraculeusement, dès qu’elle tournait le dos, un
homme ou une femme alités retrouvaient leur entrain grâce à la
poignée de main d’Aline.
Son nom se répandit dans toute la région.
De
nombreuses délégations villageoises se rendirent à Kabrousse pour la
rencontrer.
L’audience de la prophétesse ne cessa de croître car, en
plus des différents miracles qu’on lui attribuait, son message de
respect pour les traditions, touchait tous les groupes ethniques,
quelle que soit leur obédience religieuse.
Et comme l’ancien Roi de
Casamance était mort, et que son successeur ne pouvait être qu’une
personne douée de pouvoirs surnaturels, on pria Aline Sitoé Diatta
d’assumer la charge.
"Elle fut sacrée reine"
Beaucoup de monde
venait en pèlerinage, ou pour faire les sacrifices qu’elle réclamait
en vue du pardon divin, ou pour que la pluie tombe, etc...
Rebelle et insoumise
Devant
le nombre de plus en plus important de gens qui venaient en
"pèlerinage" ou qui se réclamaient de ses "idées" ou qui
désobéissaient aux "toubabs", les colons sentant le danger grandir
de plus en plus, se lancèrent à sa recherche...
L’administration coloniale décréta qu’elle était
rebelle et insoumise, qu’elle prônait une insurrection rampante,
qu’elle s’opposait à la France et qu’elle était à abattre.
C’est ainsi que les soldats arrivèrent un jour où
elle était en règles "menstruelles" (chez les diola, les règles sont
considérées comme impures et la femme en règles doit, entre autres,
quitter son domicile pour aller dormir dans un lieu réservé à cet
effet).
Ils tirèrent sur ceux qui se trouvaient dans les
alentours tuant une femme qu’ils prenaient pour Aline Sitoé, (la
coépouse nous dit-on).
Le lendemain, pour éviter que d’autres innocents
furent tués, elle alla elle-même se présenter aux colons.
Aline Sitoé Diatta fut arrêtée, le 8 mai 1943.
On mit aussi son mari aux arrêts, (Il sera libéré des
années plus tard).
La Reine-prêtresse de Kabrousse alla d’une prison à
l’autre au Sénégal et en Gambie et finalement fut déportée à
Tombouctou, au Mali, où elle sera déclarée morte en 1944.
Elle a probablement succombé aux brimades, aux
tortures aux privations de nourriture et au refus de la soigner
lorsqu’elle tombait malade.
Extrait
d’une communication de Fatou Sarr, chercheure à l’Ifan,
Université Cheik Anta Diop, directrice du Laboratoire genre et
recherche scientifique, faite au Musée de la femme de Gorée le 3
février 2007 : De Ndaté Yalla à Aline Sitoé :
un siècle de résistance.
Aline Sitoé
Diatta a donné son nom au nouveau ferry qui relie Dakar à
Ziguinchor.
L’APPEL DU BUKUT
LE
BOUKOUT (bukut ou futampaf) est un rite d’initiation diola pratiqué en Basse Casamance
(Sénégal).
Il s’agit du respect
sacré des valeurs d’un peuple les Diolas autour d’un rite initiatique
le BUKUT, découvert au 12eme siècle, cérémonie de passage de l’adolescent
vers l’âge adulte.
On y côtoie une
population fi??re de ses traditions de sa terre et de la trace laissé
par les ancêtres.
Il est questions
de tolérance ou trois religions Animiste, Catholique et Musulmane se
réuniront pour faire perdurer une tradition ancestrale Diola le
Bukut
Organisée par les
Anciens qui détiennent le pouvoir sur les villageois et contrôlent tous
les moyens de production, la cérémonie permet à une nouvelle classe
d’âge d’accéder à l’indépendance politique, économique et religieuse.
Tant qu’ils n’auront
pas satisfait à cette exigence, les jeunes gens ne pourront ni se marier
ni recevoir de la terre et s’excluent de fait de la communauté.
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Le non initié n’est
pas considéré comme un homme, les valeurs masculines s’en trouvent renforcées
Le temps d’attente est long, il peut
s’écouler une vingtaine d’années entre deux cérémonies, voire beaucoup
plus comme ce fut le cas à
Baïla
en août 2007,
où la précédente édition s’était déroulée il y a 36 ans.
La périodicité
n’étant pas connue avec précision, il faut attendre que les sages annoncent
l’événement, deux ou trois ans auparavant, après avoir constaté dans
le village une série de phénomènes insolites qui constituent autant
de signes.
Les préparatifs
durent plusieurs jours, alors que futurs initiés, proches et habitants
des villages voisins convergent en grand nombre vers le village.
Les membres de
la diaspora étant également concernés, ce rassemblement draine des centaines
ou des milliers de personnes.
L’événement s’accompagne
de danses masquées et de diverses démonstrations de bravoure.
Finalement les
crânes des futurs initiés sont rasés.
Les épreuves initiatiques
proprement dites se déroulent dans le bois sacré à l’abri des regards.
Autrefois les jeunes
gens y séjournaient plusieurs mois, mais cette durée a été raccourcie
de manière significative.
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